September 27, 2017

Trouver son premier client : l’expérience d’une illustratrice

Brooke Hagel est une illustratrice de mode extrêmement talentueuse. Découvrez comment elle est parvenue à affronter ses peurs et à changer de vie.

À la fin de ses études de stylisme, Brooke Hagel, résidente à New York, a commencé sa carrière en tant que stagiaire dans le département des costumes de Sex and the City. Une fois diplômée, Brooke a dessiné des créations pour plusieurs magazines du groupe Hearst. Aujourd’hui, Brooke travaille en freelance. Parmi ses clients prestigieux figurent Vogue, Burberry ou encore Samsung.

Avec un portefeuille de clients tel que le sien, nous sommes très enthousiastes à l’idée de retracer avec elle l’évolution de sa carrière. Elle nous dévoile comment elle a trouvé son premier grand client, nous donne ses conseils pour organiser un emploi de temps chargé et nous explique pourquoi le numérique ne remplacera jamais le papier et les crayons.

Comment avez-vous décidé que le travail en freelance était ce qui vous convenait ?

J’adore la liberté qu’offre une carrière de freelance. Pouvoir voyager, organiser mon propre emploi du temps, et travailler avec un large éventail de clients de différents secteurs, c’est l’idéal pour moi.

Au début, bien sûr, l’activité a été lente à démarrer et j’ai eu quelques doutes sur ma capacité à vivre en tant que professionnelle indépendante. Pourtant, chaque année mon activité continue de croître et je découvre de nouveaux clients et de nouvelles possibilités, ce qui est vraiment génial ! Ce fonctionnement me convient tout à fait et je ne pourrais honnêtement pas revenir à une vie de bureau traditionnelle avec des horaires fixes.

Votre portefeuille de clients est incroyable ! Qui a été le premier et comment l’avez-vous trouvé ?

Timex est la première marque pour laquelle j’ai travaillé : j’avais pour mission de créer des illustrations de mode sur mesure pour leur catalogue de printemps. À l’époque, j’étais encore couturière à plein temps : je n’avais pas dessiné depuis quelques années et cela me manquait. C’est à ce moment-là que j’ai commencé mon blog, Fabulous Doodles, et ouvert ma première boutique Etsy, Brooklit : c’est par ce biais que Timex m’a découverte.

Une entreprise de relations publiques m’a ensuite contactée pour me demander de dessiner en direct pendant un cocktail organisé en l’honneur de blogueuses mode. On m’avait déjà demandé de dessiner en direct pendant des événements, mais j’avais toujours refusé par peur de ne pas dessiner assez vite et d’être trop surveillée. Cette fois, j’ai décidé de tenter le coup, même si j’étais terrifiée ! L’événement s’est très bien passé et j’ai décidé d’en parler sur mon blog et de partager des images.

Dès le lendemain, j’ai reçu un mail du directeur des événements de Vogue qui me demandait si j’étais disponible pour dessiner en direct pendant leur événement ! J’ai rapidement organisé une rencontre (après avoir repris mes esprits) et je me suis rendue dans les bureaux de Vogue pour montrer mes créations. Cette rencontre s’est déroulée il y a 5 ans, et Vogue est depuis l’un de mes clients les plus prestigieux et les plus réguliers.

Votre style est vraiment caractéristique. Comment vous assurez-vous de conserver votre identité quand vous travaillez sur les projets de vos clients ?

Mon objectif est de créer des illustrations dont je sois fière et qui me plaisent, tout en y intégrant les produits et/ou les concepts des clients. Je donnerai toujours le meilleur de moi-même pour exprimer mes idées, ma vision et mon style de la manière la plus claire possible. À mes débuts, les clients me demandaient souvent d’imiter le travail d’autres illustrateurs, et c’était pour moi un signal d’alarme. J’ai travaillé dur pour garantir que mon blog, mon compte Instagram et ma boutique Etsy reflètent fidèlement mon style, afin que les clients potentiels qui s’y rendent puissent en comprendre l’idée.

Vous avez commencé à créer des esquisses numériques sur votre iPad : dans quelle mesure ce procédé est-il différent du dessin sur papier ? Quel est votre avis sur ce mode de création ?

Le dessin numérique m’intrigue depuis longtemps. J’ai finalement sauté le pas il y a environ un an et demi : j’utilise un iPad et un Apple pencil. C’est vraiment différent du dessin sur papier et cela nécessite un temps d’adaptation. J’ai testé plusieurs applications de dessin et je me suis rendu compte qu’elles ont chacune leur utilité selon les effets que l’on cherche à obtenir.

Le procédé est plus chronophage qu’avec les fournitures traditionnelles, mais plus je travaille avec l’iPad, plus je parviens à l’accélérer. J’utilise une application qui enregistre tous les traits de crayon pour créer des vidéos qui montrent le processus d’illustration ou pour dessiner sur des photos. Les résultats peuvent parfois dépasser mes attentes, mais au bout du compte, il n’y a rien de tel que mes marqueurs !

Vous avez illustré 17 livres. Sont-ils tous des livres de mode ? Envisagez-vous ces projets de manière différente par rapport à vos commandes habituelles ?

J’ai vraiment du mal à croire que j’ai illustré autant de livres ! La plupart sont des livres de mode, mais j’ai aussi travaillé sur des ouvrages pour enfant. Le procédé est le même que pour une commande habituelle : je présente des esquisses au crayon aux éditeurs ou à l’auteur pour qu’ils les examinent, puis je produis une deuxième série de dessins plus aboutis et en couleurs. Pour Chloe by Design, la série pour jeunes adultes que j’illustre, tout se passe très rapidement à présent, avec très peu de modifications, car beaucoup de titres sont déjà parus et j’ai une grande liberté de création. Depuis le premier volume, il arrive que, grâce à mon expérience dans le secteur de la mode, l’on me demande des conseils sur l’histoire ou sur les dessins de mode très tôt dans le processus de rédaction, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Votre emploi du temps a l’air d’être toujours très rempli, ce qui est génial, mais comment faites-vous pour éviter le burn-out ? Comment prenez-vous soin de vous ?

Dans un monde parfait, les projets seraient bien répartis dans l’année et mon emploi du temps serait géré au millimètre. En tant que freelance, il est pratiquement impossible de fonctionner ainsi. Le travail arrive par vagues, donc quand il y a un creux, je me suis rendu compte que la meilleure chose à faire était de m’occuper de mon entreprise, et de moi-même.

Au fil des années, j’ai pu constater que l’été est une période plus calme. Cette année, je me suis donc organisée pour prévoir un voyage à l’avance et j’ai pu m’échapper quelques semaines. Si je me déplace pour rencontrer des clients ou dessiner en direct dans d’autres villes, j’essaie toujours de prévoir une ou deux nuits en plus pour me reposer et visiter.

Comment utilisez-vous les produits MOO ?

J’utilise avant tout les Cartes de Visite Luxe comme un miniportefeuille de clients. Je les ai toujours sur moi. J’ai remarqué que souvent, les gens ne savent pas vraiment ce qu’est une illustratrice de mode, mais dès que je sors mes cartes et qu’ils voient mes illustrations, cela devient très clair. Par contre, les gens n’arrivent jamais à choisir une carte ! Ils les collectionnent et en prennent des tas entiers à chaque événement. Ces dernières années, j’ai aussi commandé des Cartes de Note, des Cartes Postales, des Autocollants et des MiniCards, aussi bien pour moi que pour mes clients.

Quel est votre conseil pour les entrepreneurs en herbe qui souhaiteraient démarrer une carrière dans la mode ou dans l’illustration ?

Partagez vos créations ! La seule façon de rencontrer des clients potentiels est de rendre votre travail accessible. Que ce soit via votre propre site, blog, Instagram, Facebook, ou le prochain réseau social, partagez-le et faites votre propre promotion. Personne ne va le faire à votre place, surtout au début. Si je n’avais pas parlé dans mon blog de mes dessins en direct pendant la fête de relations publiques pour les blogueuses mode, qui sait si Vogue m’aurait contactée.

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