January 19, 2021

Steve Carty : photographie de portrait sincère et authentique

Steve Carty a commencé la photographie à l’adolescence à défaut de savoir peindre. Cela s’est avéré être une sage décision. Avec du talent, beaucoup de travail et pas mal de culot, il est devenu un photographe portraitiste convoité à Toronto et ailleurs. Avec ses portraits vivants et honnêtes, il cherche à capturer l’essence-même de ses modèles – qui comptent, entre autres, Pharrell Williams et Colin Firth.

Nous avons rencontré Carty pour parler de son parcours de photographe portraitiste, de son processus artistique et de la façon maligne dont il promeut son travail.

Toronto based photographer Steve Carty

Dites-nous en un peu plus sur vous. Comment est né votre intérêt pour la photographie ?

J’ai commencé à prendre des photos à l’âge de 14 ans. Mon frère aîné Les est un peintre photoréaliste et a toujours été très doué. Je voulais faire comme lui mais je ne sais pas peindre. Mon père a acheté un appareil photo 35 mm comme tous les pères dans les années 80, mais il n’arrivait même pas à l’allumer, alors j’ai voulu l’aider à comprendre comment l’utiliser. Tout ce qu’il m’a fallu a été de voir mes images se matérialiser sur du papier photo. J’étais jeune et je ne comprenais pas que mon frère “perde” son temps et son énergie à s’acharner pour que ses peintures ressemblent à des photographies alors que, de mon côté, je n’avais qu’à prendre une photo ! 

Comment avez-vous décroché votre tout premier boulot de photographe à Toronto ?

J’avais 19 ans. J’ai montré mon portfolio, qui à l’époque était plus une collection de photos d’amis qu’autre chose, à une énorme agence de mannequins ici à Toronto. L’agent l’a regardé et a littéralement ri. Puis elle est allée dans des bureaux, a partagé avec d’autres agents et ils ont tous ri. Je pouvais les entendre. C’était brutal. J’étais un gamin. J’étais au fond du seau.

J’avais littéralement le téléphone en main pour annuler mon prochain rendez-vous. Je me suis dit “allez, merde, c’est pas possible que je me fasse humilier deux fois dans la même journée”, alors je l’ai maintenu. Cette second agent venait de découvrir qu’elle était enceinte et de bonne humeur. Elle a dit que mon book était épouvantable, mais elle a vu mon potentiel. Puis elle a fait ce qui a tout déclenché : elle m’a donné des modèles à photographier. Je l’ai fait, et elle a continué à m’envoyer des modèles !

Yasmin Warsame ©Steve Carty

Yasmin Warsame ©Steve Carty

Comment décririez-vous votre style ? Que souhaitez-vous exprimer avec votre travail ?

J’ai une façon directe de prendre des photos qui les rend intemporelles et honnêtes. C’est une approche discrète, où mon sujet est la star et mon rôle est simplement de les capturer de la manière la plus représentative et la plus classieuse possible. Je suis en constante évolution, toujours en train d’apprendre et de pousser mon travail plus loin pour le garder frais et intéressant. 

Mon domaine est celui de la “promotion des personnes”. Ma partie préférée du travail est de ressentir le bonheur d’un sujet que je viens de rencontrer, simplement parce que je l’ai capturé.e sous un jour vraiment positif – c’est incroyablement enrichissant. Tout le monde est une star. Chaque séance photo est super importante.

Thom Yorke ©Steve Carty

Thom Yorke ©Steve Carty

Comment préparez-vous vos séances photo ?

Mon processus varie considérablement, des moodboards aux réunions de production client, en passant par les croquis, jusqu’à parfois une idée toute simple directement sur place. Je crois que si tu n’arrives pas à trouver l’endroit parfait dans un rayon de 2 pâtés de maison, beaucoup de travail t’attend. 

Je laisse les accidents se produire. Les plans les mieux conçus se déroulent rarement exactement comme prévu. J’aime créer des atmosphères spéciales, et cela provient en grande partie de la relation que je crée avec mes sujets, en les mettant à l’aise avec moi.

Colin Firth ©Steve Carty

Colin Firth ©Steve Carty

Comment amenez-vous les gens à s’ouvrir devant l’objectif ? 

C’est une question d’approche. L’idée me vient rapidement et je passe la majorité de mon temps, notamment avec des célébrités, à les écouter me raconter ce qu’il ou elles ont envie de me raconter. J’essaye de les amener à se confier et j’écoute. Il n’y a rien de mieux que de permettre à vos sujets de vous raconter une histoire. 

Je partage ensuite avec mon sujet les premières images qui valent un 11 sur 10. Dès qu’ils voient un 11, j’ai toute leur attention. Je ne m’arrête pas à mon premier succès. Je continue. C’est comme ça que j’ai pu créer mes images les plus célèbres.

Legin Knits ©Steve Carty

Legin Knits ©Steve Carty

Comment pensez-vous que la photographie a évolué au fil du temps ? Qu’est-ce qui vous enthousiasme pour l’avenir ? 

Ça fait 30 ans que je suis dans le métier, alors j’en ai vu beaucoup. Quand j’ai commencé, tout était sur pellicule, internet n’existait pas. Les téléphones étaient fixes et vous deviez trimballer de lourds portfolios imprimés. 

Le numérique a ouvert un monde de possibilités et tout le monde a pu se lancer dans la photographie – ça s’est un peu calmé depuis. L’arrivée d’appareils photo sur nos téléphones portables a eu un effet similaire, mais cela se stabilise également. La plupart d’entre nous savent désormais repérer des images avec beaucoup de retouches. C’est triste de devoir expliquer que non, je ne vais pas affiner les hanches, ni gonfler les lèvres. C’est important pour moi de montrer la vraie beauté, de vraies personnes. 

En ce qui concerne l’avenir, j’espère voir la photographie être davantage considérée comme un métier et moins comme du contenu Insta. J’ai hâte que la nouvelle génération fasse bouger les choses et découvre de nouvelles façons de raconter nos histoires, en tant que créateurs.

Pharrel Williams ©Steve Carty

Pharrel Williams ©Steve Carty

Comment avez-vous réussi à faire grandir votre audience en tant que photographe ? 

Développer son audience est un processus sans fin. J’ai toujours essayé d’être à la pointe de la technologie. Je me souviens quand j’ai envoyé ma première photo à un directeur artistique – il m’avait fallu 10 minutes pour expédier ce fichier de 200 Ko ! 

Mon site Web est le principal moyen pour des clients potentiels de me découvrir, donc je le garde toujours à jour. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont rois, donc il est crucial pour moi d’avoir une forte présence sur Instagram. C’aurait été mieux si ça n’avait pas autant de pouvoir sur nous avec son étrange algorithme, mais en tant que photographe, je suis obligé de nourrir la bête pour me faire remarquer. 

J’ai ressenti le désir récemment de me mettre à parler face à la caméra avec ma série YouTube Behind the Picture. YouTube est un excellent moyen de faire sa promotion, surtout à notre époque où le format vidéo domine. Je suis toujours en contact avec des clients potentiels, mais être découvert ou partagé est la clé.

Tasha the Amazon ©Steve Carty

Tasha the Amazon ©Steve Carty

Pouvez-vous nous expliquer comment vous utilisez MOO pour promouvoir votre travail ?

J’utilise MOO pour toutes mes impressions, de mes Cartes de Visite à mes Cartes Postales promotionnelles. J’ai la possibilité de montrer l’ensemble de mon travail grâce à l’option Printfinity.

Steve Carty photography MOO cards

J’ai toujours mes cartes sous la main. Cela me permet de montrer mon travail, que ce soit portrait ou streetwear. Comme ça, mes clients potentiels peuvent voir tout mon portfolio et ils sont contents de choisir leurs cartes préférées. Ces Cartes MOO sont comme de petites graines pour moi. Vous en donnez une et une graine est plantée. Vous ne savez jamais à quelle vitesse cette graine se transformera en client, mais cela semble toujours arriver. 

J’utilise les Cartes Postales MOO pour mon mailing, comme cartes “souvenir”, ou encore de remerciement. Elles arrivent toujours à lancer la conversation. “Elles sont vraiment belles”, “C’est tellement une bonne façon de montrer votre travail” et “Vous les avez faites comment ?” sont les 3 commentaires qui reviennent le plus.

Un conseil pour les jeunes photographes ?

Les jeunes photographes ont tendance à tout photographier. Avoir un corpus de travail qui va des mariages à la mode en passant par les portraits et les produits et les composites et et et … n’est bon qu’à se faire oublier. Créez un travail qui peut être catégorisé. La photographie appliquée est un travail qui donne du travail. 

Affine ton look, ton style, ta signature visuelle. Une signature visuelle forte et une forte présence en ligne sont la formule gagnante pour faire connaître ton travail. Respecte également tes aînés, trouve un mentor, n’abandonne pas, continue à apprendre, évolue avec l’époque, encaisse les coups, reste positif et appelle ta mère.

Dina Roud ©Steve Carty

Dina Roud ©Steve Carty

Présentez votre portfolio avec style grâce aux Cartes de Visite et Cartes Postales MOO.

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