August 9, 2017

Changer le monde avec le dessin industriel

Avec un style et une personnalité aussi uniques que ses designs, la designer industrielle Kickie Chudikova aspire à changer le monde, un produit à la fois.

La carrière de Kickie était toute tracée : elle a toujours su qu’elle voulait créer des produits et les réinventer. C’est son passage à l’Université des Arts Appliqués de Vienne qui l’a formée et lui a donné sa vision actuelle.

Désormais installée à New York City, Kickie travaille pour le studio Karim Rashid et exerce en qualité d’indépendante en dehors de ses horaires de bureau. Aujourd’hui, elle nous explique pourquoi elle veut créer des designs qui améliorent véritablement le monde, nous dévoile ce qu’elle emporterait sur une île déserte et nous fait part de son point de vue original sur les Cartes de Visite.

Vous considérez votre travail comme « l’art d’équilibrer la fonction par l’esthétique ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout au long de notre vie, nous nous entourons d’objets. Nous achetons ce dont nous avons besoin, c’est-à-dire une chose qui remplit une fonction, mais nous faisons par la même occasion un choix en grande partie inconscient, fondé sur l’attirance : c’est la dimension esthétique.

Les produits doivent bien fonctionner, mais aussi nous plaire. L’équilibre se situe donc dans la transition entre l’utile et l’esthétique.

Cela dit, la beauté ne réside pas uniquement dans la forme, la couleur, le matériau et la finition. Il s’agit aussi de la manière dont nous interagissons avec un objet et la valeur émotionnelle que cet objet véhicule.

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier le dessin industriel à Vienne ?

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu créer et réinventer des objets. À l’époque, je ne savais pas que c’était un métier. Mon père était ingénieur civil. Il m’a suggéré de devenir architecte, mais le dessin industriel est plus détaillé et se place à une échelle qui me convient mieux.

J’ai commencé mes études à l’Université Technique de Bratislava, puis j’ai appris que Hartmut Esslinger, fondateur de Frog Design, animait un atelier à l’Université des Arts Appliqués de Vienne. J’ai eu la chance de faire partie des 12 personnes admises cette année-là !

J’ai beaucoup appris au cours de cette période, qui a beaucoup influencé ma vie et m’a ouvert de nouveaux horizons. C’est à cette époque que j’ai eu l’occasion de voyager. J’ai participé à un échange avec le Polytechnique de Milan et j’ai visité les locaux d’entreprises comme Apple et Google en Californie.

Vos designs revisitent des objets quelconques du quotidien pour les rendre amusants et agréables à utiliser. D’où vous vient cette démarche ?

Je porte un regard très critique sur le monde qui m’entoure. En tant que designer, on a une responsabilité. Nos décisions ont une influence sur la vie des gens. Il n’y a pas d’excuse à l’étourderie en design et ça me met presque en colère de tomber sur un produit qui présente des défauts évidents.

J’envisage le design comme un jeu, en essayant de donner le sourire aux gens, ou du moins de déclencher une émotion chez eux. Je viens juste de créer une tasse de café pour les personnes qui ont un grand nez. Elle est conçue de sorte que le nez puisse tenir à l’intérieur : plus besoin de mettre la tête en arrière pour boire.

Vous vous efforcez de concevoir des objets qui améliorent le monde. Quel est votre objet, design ou invention fétiche, sans lequel ou laquelle vous ne pourriez pas vivre ?

L’objet que j’emporterais sur une île déserte est un rouleau de chatterton, ce ruban adhésif qui répare tout : un trou dans votre bateau, des chaussures de fortune…

Parallèlement à mes propres créations, je travaille pour le studio de Karim Rashid, ce qui me permet d’avoir davantage de portée et de travailler directement sur des produits fabriqués en masse et vendus partout dans le monde.

Pour améliorer durablement le monde, je pense qu’il faut réinventer et travailler à grande échelle. Prenez Elon Musk et les projets qu’il mène sur SolarCity, Tesla, et SpaceX, par exemple. Il est capable de remettre en question les paradigmes et de repenser des systèmes entiers afin de rendre notre monde meilleur. C’est la prochaine étape pour moi.

Y a-t-il une habitude ou un objet que vous souhaiteriez réinventer ou que vous n’avez pas encore créé ?

Je vis à New York depuis trois ans maintenant et je reste choquée par les monceaux de déchets dans les rues. Il est très difficile de recycler ici. Beaucoup de gens s’en fichent ou peut-être qu’ils ne sont tout simplement pas informés.

La pollution est un choix de design. Nous devons éduquer nos clients et les inciter à utiliser des matériaux durables, à rendre les objets recyclables et à consommer moins, afin de ne pas ajouter encore des déchets sur la planète. C’est l’un des problèmes urgents auxquels je souhaiterais m’attaquer dans un avenir proche.

Tous vos designs sont des objets concrets en 3D. Comment parvenez-vous à produire le même effet en 2D, sur votre site ou vos Cartes de Visite, par exemple ?

Je trouve que la photo, les croquis et la vidéo sont les meilleurs moyens d’exprimer mes idées en 2D.

La Carte de Visite est comme une montre au poignet : il en faut une très belle ! Grâce à la fonction Printfinity de MOO, je suis en mesure d’ajouter un design différent au dos de chaque carte, ce qui me permet de donner la bonne carte à chaque prospect.

Comment faites-vous la promotion de votre marque ?

J’adopte une approche en Gesamtkunstwerk, c’est-à-dire l’œuvre d’art totale, dans mes designs. Je me considère comme la personnification de ma marque. Je crée mes propres vêtements, j’imprime mes bijoux en 3D et je porte des couleurs vives. Tout cela participe à élaborer mon identité et ma marque.

Je pense que les images peuvent exprimer beaucoup de choses et c’est la raison pour laquelle j’adore avoir des Cartes de Visite. Par exemple, ma série Totem représente de manière abstraite tout ce que je fais lorsque je conçois un produit : associer les textures, les formes et les couleurs pour créer des compositions abstraites et des études de formes à l’aide des matériaux disponibles. Et tout cela tient sur un tout petit morceau de papier !

Sinon, je pense qu’Instagram est une plateforme de promotion de qualité facile à utiliser.

Quels sont vos conseils aux entrepreneurs en herbe tentés de se lancer ?

Travaillez dur et montrez-vous critique devant ce que vous faites. Il faut être capable de prendre du recul pour voir les choses sous un angle différent. Sachez dans quelle direction vous allez pour pouvoir y parvenir, même si cela prend du temps.

Je considère aussi que le networking joue un rôle important dans la réussite. On a beau être exceptionnel, ce qui compte c’est avant tout qui l’on connaît et avec qui l’on travaille. Sortez de chez vous et allez à la rencontre des autres. Et surtout, amusez-vous !

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