October 14, 2016

Douglas Bevans, maître relieur

Pour griffonner des idées au milieu de la nuit, ou de bon matin, pour dresser une liste de choses à faire: le papier et le stylo demeurent irremplaçables. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons lancé notre nouveau Carnet de Notes à Couverture Rigide. L’autre raison, c’est notre passion pour le papier… Un amour que Douglas Bevans partage depuis le jour où il est entré dans le magasin d’impression de son grand-père pour la première fois, à San Francisco. Nous avons invité ce maître relieur, enseignant à l’école de design londonienne Central Saint Martins, à nous parler de reliure, de livres et des raisons qui rendent les Carnets de Notes indispensables.

Comment êtes-vous devenu relieur?

Après une première expérience dans le magasin d’impression de mon grand-père, j’ai suivi une formation en gravure de reproduction à l’école d’art du coin. Pour moi, c’était une discipline à mi-chemin entre le graphisme et les beaux-arts. C’est de cette première activité qu’est née ma passion pour la reliure. Je préférais les créations utiles à celles que l’on suspend à un mur. J’ai donc suivi une carrière d’illustrateur aux États-Unis, jusqu’à ce que je traverse l’Atlantique, en 1985.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous installer à Londres?

C’est une longue histoire, en partie pour une fille. Mais la décision de rester à Londres a été instantanée. Je me rappelle descendre de l’avion et prendre la Piccadilly jusqu’au centre-ville. À chaque arrêt, je regardais par la fenêtre et je voyais une multitude d’illustrations. À cette époque où Los Angeles ne jurait plus que par la photographie, j’étais vraiment heureux de retrouver autant d’illustrations à Londres. Je me rappelle avoir pensé: c’est donc ça, la terre promise?

Qu’est-ce qui rend le papier si particulier?

Chez moi, c’est une obsession. C’est une chose du quotidien qui sert de support à l’expression artistique. Il n’y a rien de plus ordinaire, pourtant on peut en faire des choses fantastiques. C’est un matériau extrêmement démocratique: vous pouvez réaliser une centaine d’exemplaires à distribuer à tous vos amis, ou imprimer une seule gravure et la vendre dans une galerie d’art. On peut faire tout et n’importe quoi avec du papier: des gobelets, des journaux, des vêtements, de l’argent, etc. Pour moi, c’est tout simplement fascinant.

Qu’est-ce qui vous plaît, dans l’art de la reliure?

Quel que soit votre corps de métier, il est important d’en connaître l’histoire. En reliure, c’est intéressant car autrefois, peu de gens avaient les moyens d’acquérir une vraie reliure de qualité. En particulier aux 16ème et 17ème siècles, les plus beaux livres étaient tous imprimés de la même façon, mais ils étaient distribués emballés dans du papier. C’est-à-dire que les pages n’étaient même pas brochées comme dans une édition souple. Elles étaient simplement emballées dans une feuille de papier, avec l’idée de relier le livre un jour. Les techniques de reliure sont également nombreuses et fascinantes: il y a la reliure cousue, copte ou encore collée…

Vous avez souvent un carnet sur vous?

J’en ai plusieurs! J’en ai un petit dans ma poche de chemise et un plus grand dans mon sac. Je m’en sers principalement pour réaliser des dessins, prendre des notes ou noter des idées. Je continue de penser que le carnet est un outil plus naturel que les notes de mon téléphone.

Qu’est-ce qui rend un Carnet de Notes parfait?

Mise à part la qualité du papier, tout dépend de l’utilisation prévue. Dans l’absolu, je pense que ce qui fait vraiment la différence est le fait que les pages puissent être posées entièrement à plat. Ce n’est pas quelque chose que l’on observe très souvent dans les carnets de notes, car peu de reliures permettent que les pages demeurent réellement posées à plat. Poser le carnet à plat implique de le poser sans que les pages se courbent, et écrire aussi près qu’on le souhaite du centre du carnet sans avoir à tordre la main. Bref, c’est à cela qu’on reconnaît une reliure extrêmement fonctionnelle.

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Texte: Josh Fray

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